Paroles de voyageurs #11 : Instants Lankais avec Petits Voyageurs

Ayubowan amis Tongs !

Voici la 11ème édition de Paroles de Voyageurs ! Et c’est Paul du blog-voyage Petits Voyageurs qui se prête au jeu pour nous raconter des instants marquants qu’il a vécu au Sri Lanka.

Des doux souvenirs qui reflètent la personnalité de la perle de l’océan Indien, le tout raconté à travers 3 beaux récits.  Un grand merci à Paul et bonne lecture à tous !

paroles de voyageurs avec petits voyageurs




Amis voyageurs, si vous êtes allés au Sri Lanka et que vous souhaitez témoigner, n’hésitez pas à me contacter ! (formulaire ici)

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Le pêcheur de la plage

 
Le soir je marche sur le sable, vers la lagune. La plage est longue. J’aperçois un rocher au loin, au dessus de l’océan, il y a des cocotiers. J’approche de la lagune. Je vois ces petites maisons, enfin ces abris, quatre murs en béton, un toit en taule ondulée. Certaines n’ont même pas de portes. Sur l’eau il y a des embarcations à moteur, sorte de barques en bois, peintes avec des teintes vives. J’arrive au niveau du bras de mer qui relie la lagune à l’océan. Je suis bloqué, je ne peux plus avancer.
 
Face à moi il y a cet homme, si petit, avec une peau sombre. Il me fait signe, je crois qu’il me parle, il crie peut-être. Mais je n’entends rien. Le bruit du vent et celui des vagues coupent tous les sons. Je le regarde, je le fixe longuement mais je ne comprends pas. Je crois qu’il m’indique une direction, tout droit dans l’eau. Non je dois me tromper. Il veut que je traverse mais l’eau devant moi est trouble, on n’y voit pas le fond, je suis en pantalon. L’homme continue, il agite ses bras, il fait oui de la tête. Vas y, viens ! Semble-t-il dire. J’enlève mes tongs. Je m’abaisse pour retrousser les jambes de mon sarouel, jusqu’à les bloquer au niveau des cuisses. J’entre dans l’eau, elle est chaude, elle stagne mais je n’y vois rien. J’avance maladroitement en tâtant le sable avec les pieds.
 
Après un mètre, je m’enfonce puis je perds l’équilibre, j’ai soudain de l’eau jusqu’à la taille. L’homme s’agite, je crois même qu’il sautille, il tend les bras vers la droite avec insistance. Je fais un pas vers l’océan, le niveau redescend. J’arrive vers l’autre rive, il me tend la main pour que je l’attrape.
 
Il me demande si tout va bien puis il me dit qu’il est pêcheur. Il me demande de le suivre et m’entraîne vers le rocher, celui avec les cocotiers. Viens, viens me dit-il. Nous marchons quelques minutes jusqu’à un petit kovil coloré, camouflé dans la végétation. Rouge, orangé et bleu avec des frises pleines d’éléphants. L’homme me conduit jusqu’à une amphore contenant la chaux et le curcuma, les ingrédients pour le tilak, qu’il m’applique sur le front.Nous repartons sans que je ne comprenne vraiment ce qui se passe.
 
Puis l’homme se remet à parler, il me dit qu’il à une barque comme celles que l’on voit sur la lagune. Il m’en montre une en disant cela. La pêche ne rapporte plus, dans l’océan on attrape beaucoup moins de poissons. Mais il a trouvé une solution, il embarque les voyageurs sur son bateau et les emmène en mer ou sur la lagune, pour un safari comme il dit. Est-ce que ça m’intéresse ? Peut-être, je ne sais pas. Il me dit que si je veux, nous pouvons partir maintenant. J’hésite. Il me dit que ce n’est pas grave, que de toute façon il est là, demain, après-demain et que si je veux, il m’emmènera. Je repars vers la plage.
 
 
 

L’homme aux gencives rouges

 
Nous montons dans le train à Nanu Oya à la veille de la poya du mois de janvier. Toutes les voitures sont combles, les habitants des montagnes redescendent vers Kandy ou à Colombo pour la Perahera de Kelaniya.
 
Nous nous engouffrons par une porte qui mène au wagon restaurant. Il y a du monde partout. Nous arrivons quand même à caler nos sacs à proximité d’une fenêtre. Ils nous serviront de sièges pour le voyage. Sur l’unique table du wagon, une famille de huit personnes vient d’entamer son repas, du riz contenu dans des sacs en plastique et une viande dans une sauce jaune. Peut-être au curry. Il y a quelques touristes en voyage organisé, qui ont faussé compagnie aux reste du groupe pour terminer le voyage en train.
 
Un jeune homme arpente le wagon pour demander des cigarettes. A Hatton il y a du monde sur le quai et le train s’emplie encore un peu plus, à tel point que l’on ne peut même plus bouger. L’atmosphère devient
de plus en plus étouffante. Il y a maintenant en face de moi un homme, avec sa femme probablement. Il mastique quelque chose bruyamment. Il me cherche du regard, puis il me sourit. « D’où venez-vous me dit-il ? De France ! » Il paraît à la fois étonné et ravi. « Paris ? ». 
 
L’homme me parle en anglais, parfois tellement vite que je ne comprends rien. Et il mastique encore, il a les gencives rouges. Il me pose tout un tas de question sur la France. Du temps qu’il fait aux recettes de cuisine. Il mâche encore, ses traits sont tirés, il a les yeux écarquillés. Il s’approche de plus en plus. Je ne vois finalement plus que ses dents qui claquent et ses gencives rouges. Il sort un petit sac de sa poche qui contient du bétel. Il m’en propose mais je décline. L’homme est curieux, il veut discuter, savoir comment on vit chez nous. Il ne me quittera plus jusqu’à la descente du train, à Kandy.
 
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Le conducteur de triporteur

 
A Sigiriya, nous sommes montés dans le triporteur de Chaminda pour qu’il nous conduise jusqu’au rocher. C’est un jeune homme d’une trentaine d’années, qui en paraît facilement dix de moins tant son visage est juvénile.
 
Il nous laisse à l’entrée des jardins en disant qu’il nous attendra près de la sortie. En redescendant, il est là, près du petit marché qui vend des souvenirs. Il reste avec nous alors que j’essaie de négocier un de ses petits éléphants en bois peint. Trop cher. Nous voulons déjeuner et nous baigner dans une piscine. Il nous conduit jusqu’à un hôtel et nous laisse son numéro de téléphone.
 
Nous déjeunons puis repartons à pied. Chaminda est encore là, il discute avec d’autres chauffeurs de triporteur, juste à l’entrée de l’hôtel. « Où voulez vous allez ? ». C’est encore lui qui nous conduit jusqu’à Dambulla. Il habite vers Kimbisa dans une petite maison de deux pièces au bord du lac, avec sa femme et sa fille.
 
Pour se payer son bajaj, Chaminda s’est endetté sur dix ans et les courses ne lui suffisent même pas à payer le crédit certains mois. Il est très en colère contre la politique touristique de son pays. Tout est trop cher. Depuis que le gouvernement à supprimer le billet d’entrée groupé pour les sites du triangle culturel, les voyageurs paient le prix fort à chaque fois. Du coup ils n’ont plus d’argent pour le reste, pour les « petits » comme lui. Il raconte que les prix augmentent fortement, l’essence, les voitures, l’alimentation… Nous rappellerons Chaminda le lendemain, c’est lui qui nous conduira partout dans les environs de Sigiriya.
 
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Merci Paul du blog Petits Voyageurs et à bientôt sur le blog !

http://www.petits-voyageurs.fr/

 

Crédit photos : Petits Voyageurs

 

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